Gutenberg 1.5

Où l'on parle technologies d'impression et de prépresse : colorimétrie, normalisation, PDF, épreuvage et autres gauloiseries...

25 mars 2010

PDF/X-3

pdfxNorme d'échange de fichiers graphiques au même titre que le PDF/X-1a, le PDF/X-3 n'a pas autant de succès auprès des imprimeurs. Explications.

Le PDF/X-3:2003 est l'objet de la norme ISO 15930-6. Il diffère du PDF/X-1a en ce qu'il autorise la présence de couleurs définies par leur propre profil ICC. Toutes les autres restrictions et spécifications du PDF/X1a doivent quant à elles être respectées. Le PDF/X-3 se veut (ou se voudrait) tout aussi prévisible que son cousin. Il a été défini pour permettre l'échange de fichiers graphiques non séparés en CMJN.

Dans un PDF/X-3:2003, chaque couleur, qu'elle soit LAB, RVB ou CMJN, doit porter sur elle sa propre carte d'identité colorimétrique dans l'espoir d'être correctement reconnue et interprétée. Chacune des couleurs est donc obligatoirement reliée à un profil ICC source.
La norme PDF/X-3:2003, à l'image cette fois du PDF/X-1a:2003, spécifie également que le fichier PDF doit contenir un profil d'intention, typiquement en CMJN celui-ci. Ce profil de sortie n'est présent qu'à titre d'information. C'est typiquement vers lui que doivent être converties les couleurs du fichier PDF avant de pointer vers le profil du système d'épreuvage pour imprimer une épreuve contractuelle.

Le PDF/X-3 a été conçu pour laisser à l'imprimeur l'entière responsabilité de la séparation CMJN. L'idée était, à l'époque de son élaboration, qu'une séparation correcte, qui utilise les principes de l'ICC (International Color Consortium), est de meilleure qualité lorsqu'elle s'effectue de l'espace RVB vers l'espace CMJN plutôt que de CMJN à CMJN. Nous avons vu qu'aujourd'hui l'usage des profils de lien (Device Link Profile) relativise pour beaucoup ce jugement. L'intérêt actuel du PDF/X-3 serait éventuellement de conserver la possibilité de retoucher les photos incluses dans le fichier PDF. Il n'est pas recommandé, en effet, de retoucher une image en mode CMJN. De fait cependant, le PDF/X-3 (comme le PDF/X-1a) interdit la présence d'informations de transparence dans le fichier PDF. Celles-ci doivent être calculées (aplaties) avant la normalisation du PDF. Ce faisant, les images, même s'il elles sont toujours en RVB, ne sont plus pour autant intègres, mais bien souvent divisées en petites parties pour rendre compte des effets de transparence. Un flux d'échange de PDF/X-3 pour conserver l'éditabilité des photographies d'un document n'est donc pas envisageable.

En théorie, un flux de production correctement configuré devrait interpréter un fichier PDF/X-3 de façon tout aussi prévisible qu'un fichier PDF/X-1a. En pratique aujourd'hui, la majorité des imprimeurs sont rétifs à l'idée de recevoir des fichiers en mode RVB qu'ils soient normalisés ou non. Le PDF/X-3 n'est donc pas adapté aux échanges de fichiers graphiques « en aveugle », lorsque l'on ne connait pas son imprimeur.

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07 janvier 2010

Intergraphic 2010

Du 12 au 14 janvier, le rendez-vous annuel et parisien de l'industrie graphique.

Palais des Congrès, Mo Pte Maillot.

Vous pourrez y rencontrer votre serviteur (c'est-à-dire moi...) sur le stand de l'éditeur Binuscan (T133).
Je serai heureux de discuter de vive voix avec quelques un des nombreux lecteurs de ce blogue.
À la semaine prochaine !

Posté par Christophe Colin à 07:52 - Actualités de l'industrie graphique - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 novembre 2009

L'ISO 12647-2 en pratique (note technique ISO TS 10128)

logo_isoLa note technique ISO TS 10128:2009 survient à point nommé pour éclaircir le débat sur la mise en pratique de l'ISO 12647-2. Elle énumère les différentes manières de caler le rendu d'une impression offset sur celui d'un standard d'impression aux normes tel que le Fogra 39 ou le Gracol. Ces méthodes ne sont en rien concurrentes, elles peuvent même se combiner, en matière d'impression nous le savons, seul le résultat compte.

La note technique ISO TS 10128:2009 explicite trois méthodes possibles pour faire correspondre les couleurs d'une impression avec celles d'un ensemble de données de caractérisation standard (Fogra 39, SWOP, Gracol...) :

  1. l'ajustement de la courbe de gradation (TVI pour Tone Value Increase),  méthodologie retenue par le PSO (Process Standard Offset) initié par le syndicat allemand BvDM (voir les articles « Process Standard Offset (PSO) » et « PSO pour les imprimeries, paramètres de caractérisation ») ;
  2. le calcul de la neutralité de la balance des gris par l'utilisation d'une échelle de gris neutre, retenu par le G7 et l'organisme américain IDAlliance (voir l'article « G7 et Gracol ») ;
  3. la transformation multidimensionnelle de valeurs CMJN-CMJN, par l'utilisation de device link profile (profil de lien ou de liaison), préconisée par l'International Color Consortium (voir les articles « Presse offset et colorimétrie », « Profils de lien ou profils de liaison » et « Linéarisation et engraissement du point de trame ».

Chacune de ces méthodes admet pour préalable le respect par la presse des valeurs colorimétriques définies par l'ISO 12647, pour chaque type de papier, pour les aplats Noir 100%, Cyan 100%, Magenta 100% et Jaune 100% ainsi que pour les recouvrements Rouge (MJ 200%), Vert (CJ 200%), Bleu (CM 200 %) et CMJ 300 %. Pour les trois méthodes, l'engraissement du point de trame par la presse doit être stabilisé, mais, nous le verrons, pas forcément linéarisé. Le préalable à toute normalisation de l'impression étant, une fois encore, la répétabilité du procédé.

Les deux premières méthodes aboutissent à l'établissement de quatre courbes de transfert unidimensionnelles utilisées le plus souvent en impression offset comme courbe de calibrage des  Rips des CTP (Computer to plate).

La troisième établit une table de correspondance en quatre dimensions entre les valeurs CMJN cibles des données de caractérisation et celles à envoyer au Rip pour obtenir les couleurs correctes à l'impression.

bateau_couleurs

Une norme en devenir

Une note technique de l'ISO n'est pas encore une norme, mais seulement une norme en devenir. Sa rédaction a fait l'objet d'un vote recueillant au moins les deux tiers d'avis positif parmi les membres du comité technique de l'ISO en charge des technologies graphiques l'ISO TC 130. Une note technique est publiée quand il y a une demande urgente du marché d'un document normatif de référence et qu'il n'est pas souhaitable de laisser les professionnels dans le flou le temps nécessaire pour la validation définitive et la publication de la norme.

L'ajustement des courbes de gradation.

Il s'agit de la méthode traditionnelle de calibrage de la confection des plaques offset. Pour chaque plage tramée d'une gamme de gradation, on dispose d'une valeur cible, exprimée en pourcentage de point) et on calcule par une simple règle de trois, et pour chaque canal CMJN, la valeur de pourcentage de point qu'il faut envoyer au RIP pour obtenir le bon pourcentage de point à l'impression. Ce procédé est aussi vieux que l'offset. La généralisation des CTP (Computer to plate) à rendu sa mise en oeuvre plus facile. La définition par l'ISO 12647 des valeurs colorimétriques à respecter pour les aplats CMJN, R (MJ), V (CJ), B (CM) et CMJ (voir l'article « Norme, densité et colorimétrie en offset »), ainsi que la normalisation de la couleur du papier sont, comme pour les autres méthodes, les éléments clés de la prévisibilité du rendu de l'impression.

TVI_ISO

Le calcul de la neutralité de la balance des gris par l'utilisation d'une échelle de gris neutre.

Au final, la mise en oeuvre de cette méthodologie ne diffère guère de l'ajustement des courbes de gradation. Il s'agit là aussi de calculer, selon une règle de trois, les valeurs de pourcentage de point à envoyer au RIP pour obtenir les pourcentages de point corrects à l'impression. La différence réside dans le mode de calcul des valeurs de gradation ciblées. Là où la méthode précédente ne prend en compte que l'engraissement naturel de la presse offset, le G7 calcule des courbes dites NPVC qui définissent en plus la neutralité des gris CMJ. J'ai décrit ce mode de calcul dans l'article «  G7 et Gracol ». Il s'agit de fait d'un calibrage traditionnel amélioré pour lequel, là encore, les valeurs colorimétriques des aplats CMJNRVB et CMJ et la couleur du papier sont fondamentales.

TVI_G7

Correspondance CMJN-CMJN par profils de liens (device link profile)

À la différence des deux premières méthodes, ce procédé prend en compte l'ensemble des paramètres qui influent sur le rendu de l'impression offset :

  • couleurs du papier ;
  • couleurs des encres ;
  • couleurs de la surimpression des encres en aplat ;
  • couleurs de la surimpression des encres en benday (recouvrement de différent pourcentage d'encre) ;
  • interaction entre l'encre et le papier ;
  • interaction entre l'encre noire et les encres chromatiques ;
  • engraissement de la presse ;
  • neutralité des gris ;
  • etc.

4edim

La mise en oeuvre de cette façon de procéder nécessite la caractérisation de la presse (lire à ce sujet « Principe de la gestion des couleurs » et « Presse offset et colorimétrie ».) Elle diffère des méthodes traditionnelles de gestion de la couleur par l'utilisation d'un type de profil particulier appelé dans le jargon de l'ICC « device link profile » que l'on traduit en français par profil de lien ou de liaison (lire « Profils de lien ou profils de liaison »). Ces profils sont des tables de correspondance entre les valeurs CMJN des données de caractérisation que l'on souhaite respecter (celles du Fogra 39L par exemple) et celles qu'il faut réellement envoyer au RIP pour obtenir au final l'impression des couleurs correspondantes. Dans une conversion à l'aide de profils de lien, on ne passe plus par un espace colorimétrique de référence tel que le L*a*b*, ce qui permet, entre autres choses, de préserver les aplats et les bendays de primaires à commencer par le Noir 100%.

Le comité technique TC 130 prend soin de préciser que, si l'ajustement CMJN-CMJN peut s'effectuer par les profils de lien de l'ICC, d'autres méthodes similaires obtiennent de bons résultats en utilisant des profils de liaison propriétaires.

IT8

 

Comme pour les deux premières méthodologies, il est impératif, avant même la caractérisation de la presse puis tout au long du processus d'impression, de stabiliser l'impression des aplats CMJNRVB et CMJ aux valeurs retenues par l'ISO 12647-2. Comme pour les deux autres méthodologies, il est nécessaire d'imprimer avec des encres aux normes, sur du papier aux normes. En revanche, contrairement à ces autres méthodes, la linéarisation préalable des courbes d'engraissement de la presse n'est pas indispensable. Ou plutôt, elle est contenue dans le procès de caractérisation (lire à ce sujet « Linéarisation et engraissement du point de trame »). En d'autres termes, il n'est pas indispensable corriger les courbes d'engraissement du point de trame AVANT la caractérisation, puisqu'elles seront ajustées AU COURS de la caractérisation. Il est cependant conseillé de contrôler la régularité de l'engraissement de la presse. Quelle que soit la méthodologie de normalisation retenue, une presse offset se conduit toujours à l'aide d'un densitomètre et non pas d'un spectrophotomètre.

Quelle méthode choisir ?

Le comité technique de l'ISO TC 130 ne prend pas fermement position en faveur d'une méthode plutôt qu'une autre. Le choix est fonction des circonstances et des habitudes de travail des imprimeurs et des organismes professionnels.

L'ISO TC 130 précise tout de même que le troisième procédé, la conversion CMJN-CMJN à l'aide de profil de lien, est le seul applicable lorsque l'on veut faire correspondre le rendu des couleurs de deux procédés d'impression différents, presse offset et presse numérique par exemple. Ce procédé est également préconisé par le TC 130 en cas d'utilisation de trame stochastique (aléatoire).

La transformation des données par ajustement des courbes d'engraissement ou de gris neutre (NPDC) est jugée a priori plus facile à mettre en œuvre lorsque les colorants et le procès d'impression correspondent exactement à ceux utilisés lors de la caractérisation des conditions d'impression standards.

Le comité technique conclut prudemment qu'il peut se présenter des situations où le meilleur résultat sera obtenu en combinant l'une des méthodes de transformation par ajustement des courbes de gradation avec une conversion CMJN-CMJN par utilisation de profils de liaison.

pigment_couleurs

Qu'en penser ?

Je suis personnellement convaincu que, de ces trois méthodes d'ajustement de l'impression offset sur des données de caractérisation standard, celle qui a le plus d'avenir est la troisième, la conversion CMJN-CMJN par profil de liaison.

Cela pour plusieurs raisons :

  • c'est la méthode utilisée par les procédés d'épreuvage certifié ;
  • c'est la seule possible quand il s'agit de normaliser l'impression d'un procédé d'impression autre que l'offset. À l'heure où les presses numériques prennent leur envol, l'argument est d'importance ;
  • c'est la meilleure méthode, voire la seule efficiente, lorsque l'on fait appel au tramage stochastique et je suis enclin à penser que la trame aléatoire est l'avenir de l'offset ;
  • partant de l'analyse colorimétrique de l'impression réelle de la presse, cette méthode prend globalement en compte tous les paramètres qui interagissent sur le rendu de l'impression ;
  • c'est la seule méthode pour approcher le rendu d'un standard d'impression lorsque l'une des composantes de l'impression (encre, papier...) n'est pas standard. En ces temps où le papier recyclé a la cote, l'argument donne à réfléchir ;
  • c'est la seule méthode pour passer rapidement d'un standard à l'autre. Un imprimeur équipé de la sorte pourra indifféremment imprimer du Fogra 39 ou 47, du Gracol, du SWOP ou encore faire « chanter » les couleurs de sa presse, tirant le meilleur rendu possible de celle-ci ;
  • pareillement, c'est la seule méthode qui permet d'obtenir à l'impression le rendu correct des fichiers préparés selon une norme obsolète (EuroStandard, Fogra 27...)
  • c'est la meilleure façon de redonner une seconde jeunesse à une presse offset vieillissante en adaptant les données envoyées au RIP pour compenser ses défauts ;
  • c'est enfin la meilleure garantie de pouvoir s'adapter rapidement et à moindres frais aux évolutions des normes. Songez aux nombres de standards d'impression que l'on a vus passer ces dix dernières années ? Rien qu'en Europe et pour le papier couché, on se souvient de l'EuroScale Coated, du Fogra 27, du Fogra 39, de l'ISO Web Coated et j'en passe. Dans le cas d'un flux géré par des profils de lien, la modification d'un seul paramètre (le nouveau profil de référence) permet la mise aux nouvelles normes de la presse.

 

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15 novembre 2009

Un cartable en bois

cartable_ecologique_en_bois__045968300_0725_14072009Pourquoi tant d'acharnement contre le papier ?
Ou comment faire passer des vessies aucultes pour des lanterne écologiques ou égalitaires.

Dans son éditorial du mois, Yvon Guémard, le toujours jeune directeur de la rédaction de Caractère, tempête contre un discours ambiant pseudo écologiste qui fustige la consommation de papier imprimé tout en cautionnant la construction de maisons en bois. Dans un cas la consommation de bois détruit les forêts, dans l'autre elle sauve la planète du réchauffement. Allez comprendre !

Ayant moi-même la fibre écologique j'ai opté l'année dernière pour un chauffage au bois. Un investissement financé pour moitié par l'État sous la forme d'une réduction d'impôt au prétexte que désormais je me chauffe à l'énergie... renouvelable. Vous avez bien lu renouvelable. Le bois est par excellence et à l'évidence un matériau écologiste, à condition de l'exploiter judicieusement ce que semble faire l'industrie papetière.

D'un sophisme à l'autre

Le livre doit faire face à une autre campagne tout aussi perverse mais encore peu connu du public : la vindicte contre les manuels scolaires. Cette fois-ci l'attaque est relayée par le gouvernement. Rue 89 relève une communication récente du ministre de l'Éducation nationale annonçant "un plan « Orsec » pour promouvoir les manuels numériques". Ceux-ci sont au passage rebaptisés TICE pour « Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement », comme si l'imprimerie n'était pas une technologie de l'information et de la communication !

J'ai déjà dit ici tout le mal que je pense de la lecture sur écran. Une ineptie tant pour la santé oculaire des enfants que d'un point de vue pédagogique. L'argument principal avancé par le ministre pour vendre ses TICE vaut son pesant de mauvaise foi. Les TICE contribueraient « à la réduction de la fracture numérique et à la réduction des inégalités ». En quoi un manuel sur Internet serait-il, plus que le livre, facteur de réduction des inégalités ? L'un nécessite de posséder un ordinateur, l'autre peut se lire partout, y compris aux toilettes ou dans la salle de bain quand ce sont les seuls endroits où l'on peut-être tranquille. À ma connaissance le ministre n'envisage pas une loi pour pour rendre gratuits, laïcs et obligatoires les Macintosh pour tous les élèves de France !

Même si ces TICE sont doublées d'un manuel en papier que l'élève pourrait garder chez lui, en quoi serait-elles en mesure de réduire les inégalités ? Un élève riche aura alors loisir de compléter facilement sa documentation sur Internet quand le pauvre n'aura que son pense-bête papier pour se souvenir de sa leçon.

L'autre argument avancé pour promouvoir ces TICE est bien entendu la lourdeur des cartables. Mais il existe une solution bien plus simple que l'introduction des TBI (Tableau blanc interactif) dans les salles de classe pour remédier aux scolioses scolaires : doubler la distribution de manuels, un pour la maison et l'autre pour la classe. Ce faisant on ferait vivre une industrie séculaire, on sauvegarderait des emplois, et (peut-être) transmettrait-on aussi le goût de lire à nos enfants.

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09 novembre 2009

G7 et Gracol

g7Élaboré aux États-Unis, le G7 est un peu le pendant américain du Process Standard Offset (PSO) allemand tandis que le Gracol serait l'équivalent du Fogra 39.  Ce résumé simpliste recouvre en fait une réalité technique plus subtile.

Le G7 est une méthode de calibrage de l'impression offset élaborée par l'IDEAlliance, consortium à but non lucratif qui associe un nombre impressionnant de grands acteurs de l'industrie graphique mondiale. IDEAlliance est une sorte de Fogra qui serait dotée d'une envergure plus... « globalisante »...

La méthodologie du G7 a été adoptée pour l'élaboration des données de caractérisation standard de l'impression offset américaine : Gracol (pour l'imprimerie commerciale) et SWOP (pour rotative sans sécheur).

G7_tvi

Le G7, comme les standards du Fogra et le PSO, est une interprétation des normes ISO 12647. Il préconise l'impression à l'aide d'encres à la norme ISO 2846-1 et adopte les valeurs L*a*b* cibles pour les aplats CMJNRGB ainsi que la plupart des paramètres prescrits par la norme graphique.

ISO TS 10128:2009 ou l'ISO 12647 en pratique

En cette année 2009, l'ISO a édité une note technique ISO TS 10128:2009 : « Méthodes pour calibrer un système d'impression à l'aide de données numériques. » Celle-ci explicite trois méthodes pour mettre en oeuvre l'ISO 12647 :

  • par contrôle densitométrique de la gradation (de l'engraissement du point de trame), adoptée par le Fogra, l'ECI et le BvDM (PSO) ;
  • par conversion CMJN-CMJN à l'aide de Device Link Profile (profils de lien), préconisée par l'ICC (International Color Consortium) ;
  • par approche du gris neutre (near-neutral), exposé par l'U.S. Technical Advisory Groups (US TAG), représentant américain au TC 130, le comité technique de l'ISO en charge des normes de l'industrie graphique. Cette méthode est celle adoptée par le G7 et que nous allons détailler ici.

Ces trois méthodes sont compatibles entre elles et donnent toutes trois, selon le TC 130, des résultats probants pour atteindre les objectifs définis par l'ISO 12647 pour peu que l'on imprime avec des presses de qualité sur du papier aux normes.

G7 et balance des gris

Le fil conducteur de l'élaboration du G7 est la reproduction conforme d'une échelle de gris sur différentes presses. Développé initialement pour l'impression offset commerciale, il fut ensuite adapté, semble-t-il avec succès, à d'autres technologies d'impression (rotative de presse, flexo...).

L'originalité du G7 comparé à la méthodologie PSO réside dans la méthode de contrôle de la balance des gris de l'impression, c'est-à-dire de la définition de l'équilibre idéal des pourcentages de Cyan, Magenta et Jaune pour reproduire les différentes plages d'une gamme de gris.

Le G7 ambitionne de lever l'ambiguïté qui entoure historiquement la notion de balance de gris dans l'industrie graphique. Le rendu du gris trichro CMJ résulte de l'interaction de différents paramètres :

  • la couleur du papier ;
  • la couleur des encres ;
  • la densité des encres mesurées sur les aplats ;
  • les pourcentages proportionnels de point de trame Cyan, Magenta et Jaune.

L'ambiguïté dénoncée et combattue par le G7 résulte des constats suivants :

  • un équilibre à égalité de point CMJ ne renvoie pas un gris neutre ;
  • le gris composé uniquement de point de trame d'encre Noir n'est lui-même pas forcément neutre, car la couleur de l'encre noire elle-même, combinée à celle du papier, contient souvent une dominante ;
  • cibler, pour chaque teinte de gris de la gamme, les valeurs a* et b* du papier d'impression aboutit souvent à un résultat visuel non neutre.

Pour définir le gris neutre, le G7 calcule les valeurs colorimétriques cibles des plages de gris CMJ selon une fonction mathématique appliquée aux valeurs L*a*b* du papier d'impression, pour  laquelle les valeurs a* et b* de chaque plage intermédiaire de gris CMJ tendent vers a*0 et b*0 sur la plage 300 % de la gamme CMJ (C100M100J100).

balance_gris_g7

Les valeurs a* et b*, de chacune des plages d'une gamme de gris CMJ, sont ainsi calculées à partir des valeurs a* et b* du papier et du pourcentage de Cyan de la plage, utilisé en tant que facteur de gradation, selon les formules suivantes :

  • a* de la plage de gris = a* du papier x (100 - C%) / 100 ;
  • b* de la plage de gris = b* du papier x (100 - C%) / 100.

Ainsi pour un papier non standard de couleur a* = 2.0 et b* = -6.0, les valeurs colorimétriques des plages de gris où le pourcentage de Cyan est respectivement 25%, 50% et 75% sont :

  • pour C 25% : a* = 1,5 & b* = -4,5 puisque (100 – C%) / 100 = 0,75 ;
  • pour C 50% : a* = 1,0 b* = -3,0 puisque (100 – C%) / 100 = 0,50 ;
  • pour C 75% : a* = 0,5 b* =  -1,5 puisque (100 – C%) / 100 = 0,25.

Triplettes CMJ

Le G7 détermine arbitrairement les valeurs CMJ pour chaque plage de gris. Les valeurs retenues sont celles des trois courbes de puissance (gradation non linéaire) définies par des valeurs de mi-tons de C50 M40 J40.

Valeur colorimétrique de la plage C100M100J100.

Les valeurs colorimétriques de la plage CMJ 300%, nous l'avons vu, sont définies comme a* = 0 et b* = 0, vers lesquelles tendent progressivement les valeurs intermédiaires de la gradation de gris.

Dans la mesure où, en pratique, les valeurs « naturelles » de la plage CMJ 300 % peuvent prendre diverses valeurs, le choix arbitraire d'un noir a* = b* = 0 est justifié par les arguments suivants :

  • il représente une juste moyenne des valeurs que l'on peut naturellement rencontrer ;
  • un point d'arrivée de valeurs a* et b* à égalité facilite les calculs ;
  • les valeurs CMJ de plus de 75 % dans les neutres sont peu fréquentes dans la pratique ;
  • les valeurs CMJ sont de toute façon masquées par l'encre noire dans les basses lumières.

G7_comparaison

G7 NPDC (Neutral Print Density Curve)

Pour rendre opérationnelle sa définition du gris neutre CMJ, le G7 a développé un outil conceptuel original appelé NPDC pour Neutral Print Density Curve que l'on peut traduire par « Courbe de densité d'impression neutre ». Il s'agit d'un outil de calcul des courbes de gradation du RIP.

Contrairement au PSO, le G7 définit des courbes de gradation distinctes pour les plaques des Cyan, Magenta, Jaune et Noir. C'est d'ailleurs, en pratique, la principale différence dans l'organisation du processus d'impression vis-à-vis du Proces Standard Offset.

Les courbes NPDC représentent un rapport entre la densité neutre mesurée et le pourcentage de point original d'une gamme de gris imprimée.

Le G7 définit deux sortes de courbes, pour les plaques CMJ et pour la plaque du Noir, principalement pour renforcer la compatibilité avec la norme 12647, le Fogra 39 et le PSO.

Pour chacune de ces catégories, CMJ et N, il existe mathématiquement non pas une, mais une infinité de courbes NPDC. Chaque courbe correspond à une valeur de densité de l'aplat de couleur solide (100 %).

npdc

Ces courbes (dites SiCoTVI) sont calculées grâce à une formule algébrique particulièrement complexe que je ne résiste pas à soumettre au lecteur. Celui-ci ne m'en voudra pas ,je l'espère, de renoncer ici à l'expliquer en détail... Retenons simplement qu'elles font appel aux notions mathématiques de sinus et de cosinus, d'où leur nom.

  • TV (pourcentage de point) = 0.0 – 100.0;
  • SiCoY (CMJ) = 100 - 95.7 * SiCoTV/100;
  • SiCoY (k) = 100 - 98 * SiCoTV/100;
  • SiCoTV  = TV + SiCoTVI;
  • SiCoTVI (CMJ) = (((1 - 1/10^ SIN(TV/100)) / 0.8559448 - TV/100) * 2.744 – ((0.1 - 1/10^ COS(TV/100)) / - 0.1882025 - TV/100) * 0.594) * 25.2;
  • SiCoTVI (k) = (((1 - 1/10^ SIN(TV/100)) / 0.8559448 - TV/100) * 2.2295 ((0.1 - 1/10^ COS(TV/100)) / - 0.1882025 - TV/100) * 1.0395) * 20.

Calibrage G7 du RIP

En pratique, les courbes de calibrage du Rip sont donc calculées à partir de la mesure d'une gamme de gris imprimée aux normes colorimétriques de l'ISO 12647-2. Selon les densités requises pour obtenir les valeurs L*a*b*, prescrites par la norme, des aplats Cyan, Magenta, Jaune et Noir, on doit se reportant aux courbes NPDC de références pour obtenir la gradation cible du RIP.

Pour chaque mesure de pourcentage requise par le RIP pour une encre donnée, la valeur cible en densité de la plage de la gamme de gris correspondante est fournie par le point correspondant de la courbe NPDC dont la densité maximale est celle de l'aplat de la couleur. Il faut ensuite transformer la valeur de densité souhaitée en pourcentage de point et de la rentrer comme valeur cible du RIP.

Contrôle au quotidien

Pour contrôler au fil des tirages le calibrage de la presse, le G7 définit trois outils dont les valeurs s'expriment en densité neutre relative (densité du patch mesuré – densité du papier) :

  • G7 HR pour Hightlight Range, contrôle de la densité neutre des mi-tons ;
    HR CMJ = ND(50C,40M,40J) – ND(papier)
    HR N  = ND(50K) - ND(papier)
  • G7 SC pour Shadow Contrast, contrôle de la densité neutre des ombres ;
    SC CMJ = ND(75C,66M,66Y) – ND(papier)
    SC N  = ND(75N) - ND(papier)
  • G7 HC pour Highlight Contrast, contrôle de la densité neutre des hautes lumières.
    HC CMJ = ND(25C,19M,19Y) – ND(papier)
    HC N = ND(25N) – ND(papier)

Données de caractérisation

Une série de données de caractérisation très utilisées aux États unis utilisent la méthodologie G7, tout particulièrement le Gracol , dont on extrait les profils ICC éponymes, aussi populaire outre-Atlantique que l'est notre Fogra 39 en Europe.

De fait, le Gracol est une évolution du Fogra 39 car ce sont les valeurs de celui-ci qui ont été prises comme base de départ pour la réalisation de celui-là. IDEAlliance en a simplement recalculé les données en leur appliquant la méthodologie de neutralisation de la balance des gris du G7

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03 novembre 2009

PSO pour les imprimeries, chartes de contrôle

PSO_LogoLe contrôle continu de l'impression des tirages comme des épreuves est un impératif du Process Standard Offset. L'Ugra, la Fogra, l'ECI et le BvDM proposent un certain nombre de gammes et de formes de contrôle, les unes sont gratuites, les autres (le plus souvent) payantes.

Ugra/Fogra Media Wedge CMYK

Indispensable à l'impression d'épreuves contractuelles, la Media Wedge CMYK est actuellement disponible en deux versions V2 et V3 comportant respectivement 46 et 72 échantillons de couleurs. Les valeurs imprimées de ces échantillons doivent naturellement respecter les données de caractérisation publiées par la Fogra selon les conditions standard d'impression que l'on souhaite simuler.

MediaWedgev2

MediaWedgev3

La version 3 est une extension de la version 2 (tous les patchs de la version 2 se retrouvent dans la version 3). Ont été ajoutés dans la version 3 les patchs suivants :

  • hautes lumières (10 % et 20%) ;
  • gris à dominante (CMJ à égalité en 100 %, 70%, 40%, 20% et 10%) ;
  • primaires en recouvrement du Noir (N100 C100, N100 M100, N100 Y100) ;
  • ombres (trichro dans les basses lumières).

La version 3 réclame naturellement plus d'espace sur la feuille d'impression. Aussi est-il courant d'utiliser la version 2 au quotidien pour certifier la conformité des épreuves. La version 3 étant réservé au calibrage du système d'impression.

Gamme de contrôle de tirage

L'impression offset doit être contrôlée à l'aide d'une gamme comprenant au minimum les échantillons tramés en points ronds suivants :

  • solides (CMJNRGB 100%) ;
  • mi-tons (CMJN 40 % ou 50 %) ;
  • trois-quarts de tons (CMJN 75 % ou 80 %).

Ugra_Control_Strip

La gamme Ugra/Fogra Print Control Strip (PCS) comporte ainsi les patchs solides, les patchs à 40 et 80 % auxquels sont ajoutés des patchs de balance de gris arbitrairement définis sur C75, M62, J60. D'autres patchs permettent de vérifier l'absence d'effet de doublage lors du tirage ainsi que les spécifications d'angles de trame et de forme du point de la gamme n'ont pas été altérées lors de la confection des plaques.

Gamme de contrôle des plaques

L'Ugra et la Fogra édite une gamme de contrôle spécialement conçue pour la vérification du processus de confection numérique des plaques. La qualité des plaques dépend de la bonne entente du RIP et des modules d'insolation et de développement du CTP (Computer To Plates).

Ugra_plaques

Le contrôle s'effectue à la fois de façon sensitométrique (par la mesure de la surface de point d'une gamme de dégradé) et de façon visuelle en observant l'aspect de patchs de lignes ou en damier, spécialement conçus pour réagir subtilement en cas d'écart géométrique dans la confection des plaques.

La gamme de contrôle numérique des plaques de l'Ugra/Fogra (Digital Plate Control Wedge) permet de vérifier les caractéristiques suivantes de la plaque offset :

  • résolution ;
  • exposition/développement ;
  • linéarisation ;
  • géométrie.

ECI/bvdm Gray Control Strip

L'ECI  et le BvDM proposent au téléchargement plusieurs bandes de contrôle permettant de mesurer la courbe d'engraissement de l'impression et le bon paramétrage de la balance des gris.

Comme son nom le laisse penser, l'originalité de l'ECI/BvDM Gray Control Strip réside avant tout dans sa capacité à permettre la vérification de la balance des gris durant le tirage offset.

Bvdm_gray

Six patchs gris sont disposés alternativement sur la bande :

  • N 30 % ;
  • CMJ ± 30 % ;
  • N 50 % ;
  • CMJ ± 50 % ;
  • N 70 % ;
  • CMJ ± 70 %.

Ces patchs permettent le contrôle visuel de la balance des gris, car les valeurs CMJ des échantillons gris CMJ sont calculés pour reproduire la même valeurs LAB que leur correspondant gris N selon les conditions d'impression standard pour lesquels a été effectuée la séparation CMJN.

On l'aura compris, chaque bande disponible au téléchargement est optimisée pour une condition d'impression standard précise et une seule.

Sont ainsi mise à disposition, à l'heure où ces lignes sont écrites, des bandes de contrôle pour les conditions standards d'impression suivantes :

  • Fogra 30 ;
  • Fogra 39 ;
  • Fogra 40 ;
  • Fogra 41 ;
  • Fogra 42 ;
  • Fogra 43 ;
  • Fogra 44 ;
  • Fogra 45 ;
  • Fogra 46 ;
  • Fogra 47.

Disposée perpendiculairement au sens de l'impression, tout au long de la largeur de la feuille d'impression, cette bande de contrôle offre un excellent moyen pour les conducteurs offset de tenir l'équilibre de leur encrage tout au long du tirage.

L'ECI/bvdm Gray Control Strip est disponible en trois versions principales :

  • S (petite), contient uniquement les échantillons de mesure du gris ;
  • M (médium) ajoute aux patchs gris des patchs de mesure de gradation selon des pas de 20 % ;
  • L (large) ajoute aux patchs gris des patchs de mesure de gradation selon des pas de 10 %.

bvdm_gris_02

Une version « Mi1 », disponible également au téléchargement, est un dérivé de la gamme M dont les patchs sont disposés de façon à en faciliter la mesure avec le spectrophotomètre Eye One Pro de X-Rite.

Enfin, l'ECI met aussi à disposition une gamme dite « ECI_TVI_10_i1_v2 » qui ne comporte pas de patch de gris (et donc est indépendante des différentes conditions d'impression standard), adaptée au même outil de mesure de X-Rite, pour contrôler si la gradation du tirage respecte la norme ISO 12647-2.

À l'exception de la version S qui ne comporte que des échantillons gris et qui doit être disposée perpendiculairement au sens de l'impression, les autres gammes de la collection  ECI/BvDM Gray Control Strip doivent être positionnées dans le sens du tirage le plus possible vers le centre de la feuille d'impression (évitez de les disposer sur les bords de la feuille ou au long de la grande largeur de la feuille de tirage.

Instruments de mesure.

Il va de soi que les mesures des différentes bandes de contrôle de tirage, et leur comparaison avec les valeurs cibles doivent l'être selon les exigences de la norme ISO 12647-1, qui reprend pour l'essentiel celles de l'ISO 13655. À savoir principalement :

  • angle de mesure : 0/45 or 45/0
  • observation colorimétrique standard pour 2° (indépendamment de la taille de l'échantillon) ;
  • Illuminant D50 (5000 K) ;
  • modèle de couleurs CIELAB, les valeurs quantifiées L*, a*, b*
  • doivent être données ;
  • support blanc derrière le spécimen mesuré (pour l'épreuve) ;
  • support gris derrière le spécimen mesuré (pour le tirage) ;
  • pas de filtre polarisant ;
  • les différences de couleurs doivent être calculées selon la formule de calcul du ∆E LAB (ISO  ISO 13655).

Bref, il faut s'assurer que l'instrument de mesure soit lui-même aux normes ISO 12647-1/13655.

25 octobre 2009

PSO pour les imprimeries, données de caractérisation

PSO_LogoDisposer des données précises de caractérisation pour les différentes conditions d'impression standard, et les mettre pertinemment en œuvre lors de la préparation de la forme imprimante est absolument essentiel pour l'efficience du Process Standar Offset. À défaut celui-ci n'a aucun sens.

Si un imprimeur respecte scrupuleusement les prérogatives du PSO résumées dans les articles précédents (géométrie des éléments de la forme imprimante, couleurs des encres sur les à-plats, engraissement du point de trame...), le rendu de l'impression, selon les différentes conditions standards, devient (presque) prévisible. Presque, car il reste un paramètre essentiel à régler : la balance des gris. Autrement dit, l'agencement des colorants CMJ entre eux dont dépend le rendu de la quadrichromie.

gris

Cet agencement est connu depuis l'invention de la trichromie, puis de la quadrichromie, sous la dénomination de balance des gris. Ce terme est commun aux photographes, aux photograveurs et aux conducteurs offset. Bref à tous ceux qui sont en charge de combiner trois ou quatre types pigments colorés, par quelque procédé que ce soit, pour rendre compte (simuler) les couleurs de la nature.

Balance des gris et calage des couleurs.

Le PSO européen, à la différence du Gracol 7 américain (mais nous y reviendrons un jour), spécifie des courbes de gradation (engraissement du point de trame, TVI...) identiques pour les encres CMJ (voir à ce sujet l'article « PSO pour les imprimeries, paramètres de caractérisation » . Or des valeurs identiques de Cyan, Majenta et Jaune ne renvoient pas une couleur neutre, grise (achromatique) mais une couleur à dominante Cyan. La balance des gris trichromatique — en synthèse soustractive de la couleur — ne peut s'effectuer que selon des valeurs dissemblables CMJ. L'efficience du PSO réside donc pour partie dans la bonne préparation colorimétrique des fichiers que l'on envoie au RIP. Seul l'équilibre correct des informations CMJN en amont du RIP peut garantir la prévisibilité (et la qualité) des couleurs imprimées.

En d'autres termes, si l'on envoie au RIP des informations incohérentes, on n'a absolument aucune chance d'imprimer aux normes... même si tous les éléments traitant ces données sont, quant à eux, strictement aux normes.  La séparation des couleurs CIELAB ou RVB ou le « mappage » (la mise en concordance) des couleurs CMJN selon un profil ICC normatif (ou personnalisé) de la presse est donc un impératif incontournable (excusez le pléonasme) du PSO.

Notez que l'emploi d'un profil ICC pour normaliser les informations envoyées au RIP dépasse de beaucoup la simple balance des gris. La normalisation selon un profil ICC va déterminer précisément (ou imprécisément si le profil est de mauvaise qualité...) le rendu global des couleurs imprimées.

color_field_grey

Profils ICC et données de caractérisation.

Sous l'égide du BvDM, la Fogra publie et actualise (au grès des perfectionnements de la démarche PSO) les données de caractérisation des conditions d'impression standard. Elles sont documentées en anglais et téléchargeables sur le site de la Fogra. Sur la base de ce travail, l'ECI (European Color Initiative) édite et met à disposition en libre téléchargement les profils ICC génériques de ces différentes conditions d'impression. En juin 2009, l'ECI a justement mis à jour sa gamme de profils génériques basés sur les données de caractérisation de la Fogra.

Papier de type 1 et 2 (couché) :

  • données de caractérisation : Fogra 39 L ;
  • profils ICC : ISO Coated v2 (ECI) et ISO Coated v2 300% (ECI).

Papier de type 3 (LWC, couché léger pour rotative) :

  • données de caractérisation : Fogra 45 L (papier LWC amélioré), Fogra 46 L (papier LWC jaunâtre) ;
  • profils ICC : PSO LWC Improved (ECI), PSO LWC Standard (ECI).

Papier de type 4 (offset) :

  • données de caractérisation : Fogra 47 L ;
  • profil ICC : PSO Uncoated ISO12647 (ECI).

Papier de type 5 (offset jaunâtre) :

  • données de caractérisation : Fogra 30 L ;
  • profil ICC : ISO Uncoated Yellowish.

Attention ! L'emploi de ces profils ICC pour la séparation des données  CIELAB ou RVB ou pour la mise en correspondances des données CMJN altère de façon irréversible les fichiers prépresse. Cette utilisation ne peut se faire à bon escient que par des personnes compétentes, correctement informées des traitements ultérieurs de la chaîne de production.

De notre point de vue, c'est à l'imprimeur de choisir d'utiliser ou non telle ou telle données de caractérisation ou tel ou tel profil.

Comme le conseille l'ECI elle-même, si l'on ne connaît pas précisément les conditions d'impression des documents, il est impératif d'adopter soit le profil ISO Coated V2 soit l'ISO Coated V2 300.

24 octobre 2009

PSO pour les imprimeries, paramètres de caractérisation

PSO_LogoNous reproduisons ici les valeurs de caractérisation du Process Standard Offset publiées par le BvDM et disponibles au téléchargement sur son site Web (http://www.bvdm-online.de).

Le document le plus actualisé n'est disponible qu'en allemand et date de 2008. Il s'intitule : MedienStandard Druck 2008 (© bvdm). Nous nous permettons de reproduire certains de ses tableaux que dans la mesure où ils reprennent les valeurs de la norme ISO 12647-2.

Chaque valeur colorimétrique ou de pourcentage de point fait référence à un certain type de papier couché (type 1 & 2) ou offset (type 4 & 5). Cf l'article « Le PSO pour les imprimeries, conditions d'impression standards ».

Courbes d'engraissement du point de trame

14_PSO_TVI

  • Colonne A : Offset feuilles, papier couché (PT 1 & 2), encres CMY ;
  • Colonne B : Offset feuilles, papier couché (PT 1 & 2), encre N ;
  • Colonne C : Offset feuilles, papier offset (PT 4 & 5), encres CMY ;
  • Colonne D : Offset feuilles, papier offset (PT 4 & 5), encre N.

Valeurs colorimétriques des a-plats primaires et secondaires.

14_PSO_Lab

  • Les valeurs du tableau du haut concernent les épreuves, mesurées sur support blanc, qui servent également de valeur de caractérisation et qui donc sont celles qui définissent le gamut des profils ICC génériques de référence ;
  • Le tableau du bas concerne les valeurs mesurées sur les tirages eux-mêmes, posés sur un support opaque gris (black backing) pour éviter les réflexions parasites.

22 octobre 2009

PSO pour les imprimeurs, l'épreuvage

PSO_LogoL'épreuve certifiée est l'élément clé d'une production imprimée selon les directives du Print Standard Offset.

L'épreuve certifiée sert au conducteur offset à « caler » précisément son impression. Elle sert bien sûr aussi de référence entre l'imprimeur et ses donneurs d'ordre. Elle accompagne obligatoirement la livraison des données numériques à imprimer, que celles-ci soient en CIELAB, en RVB ou en CMJN et tons directs.
Le PSO distingue deux sortes d'épreuve : off-press (hors presse) ou on-press (épreuve callée sur la presse d'impression).

L'épreuve numérique contractuelle

C'est elle que le client signe comme bon à tirer. De fait, on ne peut exiger d'un imprimeur qu'il respecte le Process Standard Offset sans au préalable lui avoir fourni ou fait fabriquer une épreuve contractuelle. Lire à ce sujet l'article Épreuve et colorimétrie.

mediawedge01

L'épreuve numérique contractuelle doit être tramée et reproduire obligatoirement la gamme de contrôle Ugra/Fogra Media Wedge. Les couleurs de la gamme doivent correspondre aux valeurs cibles du procès d'impression de référence. Les tolérances en la matière sont celles de la norme 12647-7 :

  • La moyenne des ∆E CIELAB mesurés sur l'ensemble des patchs doit être inférieure ou égale à 3 avec une différence maximale autorisée inférieure ou égale à 6 ;
  • La déviation maximale, constatée dans les primaires C, M, J, N (calculé en ∆E CIELAB), doit être inférieure ou égale à 5 ;
  • Le ∆H (Delta Hue, différence de la teinte) moyen sur les primaires doit  être inférieur ou égal à 2,5 ;
  • Le ∆H moyen mesuré sur les patchs gris CMJ doit être inférieur ou égal à 1,5.
  • Le ∆E CIELAB mesuré sur le patch de simulation du papier doit être inférieur ou égal à 3.

Ces tolérances extrêmement faibles empêchent toute contestation concernant l'impartialité du juge de paix qu'est l'épreuve contractuelle. Dans ces tolérances, les différences colorimétriques éventuelles entre les couleurs cibles de la norme et les couleurs imprimées sur l'épreuve ne sont pas visibles à l'oeil nu.
L'épreuve contractuelle doit porter en clair le rapport de mesure des valeurs de l'Ugra/Fogra Media Wedge ainsi que les références des conditions d'impression simulées.

L'épreuve sur presse

Il s'agit de fait de la bonne feuille du tirage. Celle à signer pour le bon à rouler.  Une machine offset n'est pas une mécanique de précision. On ne peut lui demander de maintenir tout au long de son tirage la précision atteinte lors de l'impression de l'épreuve numérique, ni même de rester strictement dans les tolérances de cette épreuve.

VisualPrint

L'épreuve sur presse sera donc contrôlée à l'aide d'une gamme de contrôle moins exigeante que l'Ugra/Fogra Media Wedge, par exemple l'Ugra/Fogra DKL Print Control Strip. Disposée tout au long de la feuille de tirage, elle doit présenter les aplats CMJN pour mesurer leur valeur CIELAB et des patchs tramés (point rond) pour mesurer l'engraissement du point de trame (TVI). Les valeurs CIELAB des patchs solides doivent s'approcher des valeurs cibles de la norme ISO 12647-2 selon les tolérances suivantes :

  • La déviation maximale constatée (calculé en ∆E CIELAB) doit être inférieure ou égale à 5 ;
  • Le ∆H (Delta Hue, différence de la teinte) moyen sur les primaires doit  être inférieur ou égal à 2,5 ;
  • Le ∆H moyen mesuré sur les patchs gris CMJ doit être inférieur ou égal à 1,5.
  • L'engraissement du point de trame mesuré sur les mi-tons (40 % ou 50 %) et sur les trois quarts de ton (75%) doit s'approcher des  engraissements standard de la norme ISO 12647-2 selon une tolérance de 3 ou 4 % en fonction de la linéature de la trame utilisée.

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17 octobre 2009

PSO pour les imprimeries, caractéristiques générales des données prépresse.

PSO_LogoLes directives générales du Process Standard Offset pour la préparation de la forme imprimée reprennent les spécifications de l'ISO 12647-2 et ISO 12647-7 en y précisant quelques points.

Forme du point et angle de trame

Les directives PSO précisent que les indications de tramage de la norme ISO 12647 sont sujettes à de petites variations selon le programme de tramage utilisé.

En ce qui concerne les trames traditionnelles, les imprimeurs et les photograveurs reconnaîtront dans ces directives les valeurs du métier :

  • les trames Noir, Cyan et Magenta doivent être inclinées selon des angles « espacés » de 30° ;
  • la trame Jaune  doit être inclinée selon un angle distinct de 15 % de l'une des trois autres ;
  • le Noir doit être incliné à 45 ° ou 135° ;
  • le point de trame doit être elliptique, rond ou carré ;
  • les gammes de contrôles doivent être tramées en point rond ;
  • dans le cas d'une chaîne de points elliptiques, le premier contact des points entre eux ne doit pas se produire au-dessous de 40 % ni le second contact au dessus de 60 %.

Pour ce qui est des trames aléatoires (stochastiques), le plus petit diamètre de point doit se situer entre 18 et 22 microns. En deçà, le point est instable, au-delà, il devient visible. La re-digitalisation de films en trame aléatoire est déconseillée.

plaques_couleurs

Fonds perdus

Un minimum de trois millimètres est requis au-delà de la dimension du produit fini, délimité par les traits de coupe, pour permettre le massicotage sans risquer d'indésirables filets blancs sur le pourtour des pages.

Points copiables

Le registre des points de trame copiables et imprimables selon le PSO dépend de la linéature de la trame utilisée.

  • Trame 60 l/cm (lignes par cm) soit 150 lpi (lignes par pouce) : les points doivent être imprimables entre 2 % et 98% (3 % et 97 % sont inscrits dans la norme ISO 12647-2) ;
  • Trame 80 l/cm (lignes par cm) soit 200 lpi (lignes par pouce) : les points doivent être imprimables entre 4 % et 96% ;
  • Trame 120 l/cm (lignes par cm) soit 300 lpi (lignes par pouce) ! : les points doivent être imprimables entre 8 % et 92%.

Aucune partie importante d'image à imprimer ne doit réclamer une trame hors de ces intervalles.

Charge d'encre maximale

Le pourcentage maximum de l'encrage ne doit pas dépasser 340 % sur machine feuille (350 % dans la norme) et 300 % sur rotative.

GCR (Gray Component Removal)

Les directives PSO précisent curieusement des caractéristiques générales pour le remplacement de la composante achromatique des couleurs CMJN par du Noir. Le pourcentage maximum de Noir doit  se situer entre 85 et 100 % et le facteur GCR ne doit pas être supérieur à 50 %. (Lire à ce sujet les articles : Retrait de sous couleurs et UCR, GCR (déjà) une vieille histoire.)

conditions

Repères d'impression

Les repères suivants doivent figurer sur la forme imprimable :

  • coins de pages ;
  • plis ;
  • centre ;
  • forme de découpe.
  • Les repères doivent être placés entre 2 et 4 mm à l'extérieur de la page et ne doivent pas mesurer plus de 0,1 mm d'épaisseur.

Soutien du Noir

Le Noir 100 %, lors d'une impression en plusieurs couleurs, doit être soutenu par 50 % de Cyan.

Recouvrement (trapping)

Le réglage des grossis-maigris doit s'effectuer le plus tard possible, juste avant la rastérisation par le RIP. L'amplitude des recouvrements doit se baser sur les tolérances de repérages des machines précisées par l'ISO 12647 et sur les caractéristiques des papiers d'impression.

Balance de gris

Des valeurs recommandées pour la balance des gris sont précisées par les directives du PSO dans les quarts de ton, les mi-tons et les trois quarts de ton.

  • ¼ de ton : C 25% M 18% Y 18% ;
  • ½ ton : C 50% M 40% Y 40% ;
  • ¾ de ton : C 75% M 64% Y 64%.

Ces valeurs sont indicatives et... ne doivent pas être appliquées quand les références des conditions d'impression sont précisées par un profil ICC de sortie. Dans ce cas (et c'est ce qui est recommandé par la norme), c'est la balance de gris du profil ICC qui doit être respectée.

Condition d'examen des impressions

Les épreuves doivent être visualisées posées sur un support blanc, opaque et mat : L*>92, C*<3 et éclairé selon l'illuminant standard D50 d'une intensité située entre 1500 lx et 2500 lx (lux).

NB : les tirages eux-mêmes doivent être mesurés posés sur un support gris (dit black backing) pour éviter qu'une partie de la lumière de l'illuminant, traversant le papier et réfléchie par le support, ne viennent polluer la mesure, notamment dans le cas le plus fréquent d'une impression recto-verso.

pso_controle

Polices et image

Logiquement (puisque normalement les données sont fournies sous la forme de PDF/X), les polices de caractères utilisées dans le document à imprimer doivent être intégrées dans le fichier de données. Les images importées doivent être fournies séparément en haute résolution dans le cas d'un flux de production OPI (Open Prépresse Interface).

Résolution des données d'image

La résolution des images fournies ne doit pas être excessive. La règle pour le choix de la résolution est de 2 pixels par ligne de linéature, soit par exemple 300 ppp (points par pouce) pour une trame de 150 lpi (ligne par pouce). Pour les trames stochastiques : 1 pixel pour 5 points du plus petit diamètre de la trame. Ces valeurs de résolution ne doivent pas être dépassées de plus de 50 %.